Suzanne et Simone

Suzanne Mercy, résidente à l’EHPAD du site de Nancy depuis mars 2021, a joliment célébré ses 100 ans le 23 janvier dernier.

Entourée de sa famille, de ses amis, des résidents qui partagent son quotidien et de professionnels et bénévoles, Suzanne a soufflé ses 100 bougies, accompagnée en musique par Remy et sa guitare.  Une célébration que Mathieu Klein, maire de la Ville de Nancy,  a partagé et honoré en remettant à Suzanne la médaille d’honneur de la ville. Fêtée, Suzanne a également reçu un très joli bouquet de la part de toutes les équipes de l’EHPAD et de la Direction.

Suzanne a toujours cousu. Depuis toute petite déjà, elle habillait ses poupées. Adolescente, sa carrière de couturière démarre véritablement pendant la seconde guerre mondiale avec la transformation d’une robe de sa sœur alors âgée de 16 ans, et qui remporte un grand succès dans la cours de l’école. Sans réclame, sans marque, la clientèle vient alors à elle. Suzanne travaillait alors à Nancy, rue du maréchal Oudinot, avant de s’installer à Laxou.

Au hasard d’une rencontre, elle devient la couturière de Mme Veil, “bonne maman” comme elle l’a surnomme, la belle-mère de Simone Veil. La famille Veil, fabricants de velours, habitait alors avenue du général Leclerc à Nancy, où se dresse désormais la gendarmerie. C’est par l’intermédiaire de la femme de ménage de “bonne maman”, cliente chez Suzanne, que Mme Veil devient à son tour une fidèle de l’atelier de Suzanne. Simone Veil, sa belle-fille, vivait à l’époque avec son mari en Allemagne. C’est en rendant visite régulièrement à sa belle-famille que Simone Veil découvre les ouvrages de Suzanne, et décide à son tour de se rendre à l’atelier. De la transformation de robes existantes achetées en Allemagne à la création de robes du soir qui “s’en allaient même à l’Elysée”, Suzanne et Simone tissent des liens particuliers.

Ministre de la santé, présidente du Parlement européen, Simone Veil restera toujours fidèle à Suzanne, retournant régulièrement à Nancy pour des essayages, Suzanne lui privatisant son atelier 3 ou 4 jours, après avoir prévenu sa clientèle habituelle que son temps serait bloqué pour “la Parisienne”, comme elle l’appelait alors affectueusement afin de préserver sa tranquillité et son anonymat.

Retrouvez les souvenirs de Suzanne dans un documentaire que lui consacrait  il y a  bientôt 7 ans Hervé Feron , maire de Tomblaine, sur YouTube —> https://bit.ly/3vXALXU